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La crise confirme la nécessité pour les banques d’allier proximité physique et offre digitale

Par Stéphane OUVRARD, Professeur associé en Finance et Comptabilité, Directeur académique du MSc International Business à KEDGE et Joëlle RANDRIAMIARANA, Enseignante-Chercheure en finance et comptabilité, Université de Rouen Normandie

A la suite de la crise de 2008 et avec le renforcement de la réglementation bancaire, les banques ont fait face à de nombreux défis pour se mettre en conformité sur le plan réglementaire et pour affronter la menace de nouveaux entrants, notamment les entreprises technologiques du secteur de la finance (fintech). Ce virage qu’elles ont dû effectuer a réduit leur rentabilité et les a amené à repenser en profondeur leur modèle économique.

Cela s’est traduit par une évolution dans leur modèle de financement (rallongement des ressources financières), dans leur choix d’allocation des ressources, leur organisation, leur méthode de travail et leurs relations avec les parties prenantes. Stéphane Ouvrard et Joëlle Randriamiarana analysent les deux enjeux de ce changement de modèle d’affaires pour les banques.

Se recentrer sur les activités de financement à l’échelle locale

En 2017, les groupes bancaires français réalisaient 41 % de leurs produits nets bancaires à l’étranger où ils ont essentiellement développé des activités de banques de détail. La crise du Covid-19 pourrait accélérer la baisse de l’activité à l’international des banques universelles françaises, baisse qui a déjà commencé en septembre 2019.

Sur le plan national, les activités d’intermédiation bancaire c’est-à-dire de prêts aux petites et moyennes entreprises (TPE/PME) et aux entreprises de taille intermédiaires (ETI) sont en plein essor.

Les mesures exceptionnelles de soutien à l’économie présentées par la Fédération bancaire française (FBF) sont rendues possibles grâce au relâchement du coussin de fonds propres bancaires contracycliques (outil prudentiel introduit par l'accord de Bâle III pour contrer les effets du cycle économique sur l'activité de prêt des banques). On observe, en effet, un ralentissement de la réglementation bancaire avec le report d’un an de l’entrée en vigueur des accords de Bâle III.

Compte tenu du contexte actuel, les ressources des banques sont prioritairement allouées au financement des impacts liés à la pandémie déclenchée par le coronavirus. La banque ne joue plus seulement un rôle de financement, mais aussi un rôle social en assistant directement l’État dans la relance de l’économie. Le rôle des banques régionales a pris beaucoup d’ampleur avec une plus grande latitude dans l’action de soutien financier des TPE/PME et dans l’action sociale.

Le modèle décentralisé et responsabilisant est un modèle qui a fait ses preuves dans le secteur bancaire, avec un renforcement des métiers d’expertise et de conseil et une mise en avant du capital humain.

Innover en conciliant « l’humain » et le digital

Dans le contexte actuel de crise, la relation client assure un lien social fondamental bien au-delà des simples transactions bancaires. Dans ce cadre, la responsabilisation et la formation du personnel des banques sur les technologies digitales constituent deux facteurs clés de leur modèle économique.

Depuis quelques années, la digitalisation est un des défis auxquels font face les banques, suite au changement de comportement de leurs clients. Avec la crise actuelle, les banques vont devoir accélérer la mutation de leur modèle économique en se rapprochant de celui des fintech, notamment en matière de proposition de valeur. De plus, la digitalisation des processus (grâce par exemple à l’intelligence artificielle) reste indispensable pour réaliser des gains de productivité.

La gestion de la crise va nécessiter de la part des banques plus de simplifications, d’agilité, de réactivité, d’efficacité, de rapidité, de souplesse dans leur réponse aux besoins des entreprises et des particuliers. La digitalisation des activités bancaires a déjà été anticipée depuis plusieurs années :

  • au niveau des profils de recrutement par la recherche de davantage de spécialisation pour les métiers relatifs à la conformité et à l’informatique,

  • au niveau de la formation, par la création d’une certification autour d’un socle de compétences en matière numérique pour tous les salariés du secteur.

Le Covid-19 a révélé le rôle central de l’humain dans l’intermédiation bancaire et le soutien à l’économie réelle, ce qui constitue une belle revanche pour les banques dites « traditionnelles » par opposition aux pure players que sont les fintech.

On revient aux fondamentaux du métier de banquier : accompagner des clients et les aider à surmonter des périodes difficiles. Le banquier de proximité renforce leur confiance et les fidélise.

La banque de demain devra tirer parti des technologies digitales pour améliorer et sécuriser l’expérience consommateurs, tout en renforçant sa capacité de conseil auprès de clients de plus en plus demandeurs de solutions à forte valeur ajoutée.

Pour lire l’article dans son intégralité : https://theconversation.com/la-crise-confirme-la-necessite-pour-les-banques-dallier-proximite-physique-et-offre-digitale-139052

A propos de Stéphane OUVRARD :
Diplômé d’Expertise-comptable, Docteur en Sciences de gestion. Après une expérience de quinze ans dans le domaine de l’Audit et de la Comptabilité, Stéphane OUVRARD s’est spécialisé dans la formation professionnelle continue et l’enseignement comme professeur de Comptabilité & Finance à Kedge. Il est co-auteur de plusieurs ouvrages sur la comptabilité, le contrôle de gestion et l’analyse financière. Il a publié dans différentes revues académiques et professionnelles telles que Research in International Business and Finance, International Journal of. Economics and Accounting, Revue du Financier, Revue des Sciences de Gestion, Revue Française de Comptabilité. Ses activités de recherche portent sur les normes IFRS et la performance financière. Il est également directeur académique du MIB-MACI, MSc in International Business.

A propos de KEDGE :
KEDGE est une Ecole de management française de référence présente sur 4 campus en France (Paris, Bordeaux, Marseille et Toulon), 3 à l’international (2 en Chine à Shanghai et Suzhou, et 1 en Afrique à Dakar) et 3 campus associés (Avignon, Bastia et Bayonne). La communauté KEDGE se compose de 14 800 étudiants (dont 25% d’étudiants étrangers), 192 professeurs permanents (dont 44% d’internationaux), 291 partenaires académiques internationaux et 70 000 diplômés à travers le monde. KEDGE propose une offre de 36 formations en management et en design pour étudiants et professionnels, et déploie des formations sur-mesure pour les entreprises au niveau national et international. Membre de la Conférence des Grandes Ecoles et accréditée AACSB, EQUIS et AMBA, KEDGE est une institution reconnue par l'Etat français, avec des programmes visés, et labellisée EESPIG. KEDGE est classée par le Financial Times 31ème meilleure Business School en Europe et 39ème mondiale pour son Executive MBA.


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