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Quelles leçons tirer de la chute de Wirecard ?

Par Rodolphe Ardant, co-fondateur et CEO de Spendesk

La chute de Wirecard est une mauvaise nouvelle pour l’industrie de la Fintech. Il est essentiel de comprendre pourquoi et comment la défaillance d'un acteur peut avoir un tel impact sur l'ensemble de l'écosystème ; d’autant que la réponse est loin de se limiter à une réglementation récemment renforcée.

Vendredi dernier, l’autorité de contrôle financier de Grande Bretagne (la FCA) a suspendu la licence de Wirecard Card Solutions Ltd, une filiale de la société mère allemande Wirecard AG. Beaucoup ont entendu parler de Wirecard comme la superstar européenne de la Fintech, mais peu connaissent réellement ses services et la dépendance de sociétés tierces à ces derniers.

Pourtant, du jour au lendemain, de nombreux particuliers et entreprises se sont retrouvés dans l’incapacité de payer ou d’accéder à leur argent.

Comment cela est-il possible ? Comment la chute d’un unique acteur peut avoir autant d’impact sur l’ensemble de l’industrie ? Quelles leçons doit-on en tirer ? Et surtout : comment l’écosystème fintech peut réagir pour éviter que ce type d’évènement se reproduise ?

Je ne reviendrai pas ici sur les raisons de la suspension de la licence de Wirecard. En tant que fondateur d’une jeune fintech, je préfère vous exposer le fonctionnement de notre industrie, les barrières à l’entrée pour démarrer dans ce secteur et les enjeux de dépendance au sein de notre environnement.

La suspension de l’activité de Wirecard est une mauvaise nouvelle pour notre industrie. Il est de notre devoir, en tant qu’acteurs de l'écosystème, de faire le nécessaire pour protéger la réputation du secteur de la fintech si nous souhaitons atteindre notre objectif commun : parvenir à une révolution des services financiers grâce à l'innovation et à la technologie.

Le monde du paiement est complexe

Nous avons créé Spendesk pour répondre au décalage croissant entre les attentes des entreprises en matière de services financiers et l’offre proposée sur le marché. Nous souhaitions combler cet écart ; et cela passait notamment par l'innovation technologique.

Cette révolution était déjà en marche dans le monde B2C, avec de nouveaux services bancaires qui venaient révolutionner le paysage des services financiers ; Revolut ou N26 en sont de bons exemples. Nous avons lancé Spendesk avec l’ambition d’apporter le même niveau d'innovation au monde du B2B — pour réinventer l'expérience de paiement au travail, et pour donner aux équipes financières plus de contrôle sur les dépenses en entreprise.

Nous avons vite réalisé que le monde du paiement était complexe — non seulement d’un point de vue technologique, mais aussi parce qu’il est obscur et difficile d’accès pour les non initiés et nouveaux entrants.

D’une part, il y a des questions de réglementations : à partir du moment où on manipule de l’argent, les activités sont soumises à un certain nombre d’obligations posées par les autorités de contrôle financier de chaque pays.

De l’autre, les réseaux de paiement (comme Visa et Mastercard) sont détenus par très peu d'acteurs, et leur accès nécessite des investissements importants.

Deux options pour les startups de la Fintech

Les entrepreneurs qui souhaitent innover dans le secteur ont deux choix. La première option est d’obtenir une licence, c’est à dire l’autorisation de pouvoir opérer comme établissement de paiement, et ainsi se connecter aux différents réseaux.

L’obtention de cette licence est un procédé long, coûteux et incertain, qui demande de montrer une stabilité financière sur le long terme — peu compatible avec la création d’un service innovant qui doit encore faire ses preuves sur son marché. Il faut en moyenne compter 18 mois avant de pouvoir valider la pertinence de son produit.

La deuxième option consiste à se tourner vers des acteurs qui opèrent déjà des services de paiements. Ces acteurs sont déjà réglementés et connectés aux différents réseaux de paiement et proposent leurs activités « en marque blanche » à d’autres entreprises qui vont pouvoir opérer sous leurs licences.

Les plus modernes d’entre eux disposent d’interfaces qui permettent de se connecter aux différents services de paiement et gèrent tout l’aspect financier de l’activité : gestion des comptes clients, émission des moyens de paiement, traitement des transactions etc…

Pour l’entrepreneur, les temps de mise sur le marché de l’innovation sont considérablement réduits ainsi que les capitaux à engager. Bien que leur produit devienne dépendant de l’activité de ces acteurs, c’est naturellement le choix que la plupart d’entre eux font pour démarrer.

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À propos de Spendesk
La mission de Spendesk est de simplifier la gestion des dépenses en entreprise. Créée en 2016 par Rodolphe Ardant, Jordane Guily et Guilhem Bellion au sein du startup studio eFounders, Spendesk accompagne aujourd’hui plus de 1500 entreprises dans 30 pays à travers l’Europe. Spendesk est aussi à l’origine de CFO Connect, une communauté de leaders financiers qui partagent les mêmes challenges et souhaitent échanger sur leurs problématiques.


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